To Bed, home made (Création 2018)

To Bed, home made

PRÉSENTATION

Avec le texte de Vilém Flusser « Le lit »  du livre « Choses et non-choses »

« Das Bett » : Le lit parle du repli sur soi. De l’endroit où nous nous retirons pour se préparer à affronter à nouveau le monde. C’est un lieu intime et nécessaire, comme le sommeil est nécessaire, pour que le cerveau emmagasine, trie, efface, tous ce que nous avons appris durant la journée. Le repos n’est pas inactivité, le repos est transfert, d’une partie de cerveau à d’autres parties du cerveau. Comme un ordinateur qui stocke dans sa mémoire vive et quand on fait le “save“, recopie sur le disque dur, ces informations. Ce sommeil nous permet de conditionner l’expérience journalière du monde en mémoire, en souvenir, donc en histoire. […]

Si le lit est l’endroit où l’on se couche, où l’on s’endort, où l’on rêve, c’est aussi l’endroit d’où on se réveille, d’où on se lève, d’où on recommence.

Le lit se politise, il se socialise. On comprendra que par les temps qui courent, ce lit, cette chambre, cette maison, a un prix. Cet espace se loue, s’achète. Pour certains, il s’est tellement rétrécit qu’il est devenu la voiture, pour d’autres il a carrément disparu.

Le lit n’est pas un slogan macroniste pour l’accession à la propriété des plus démunis, mais de montrer la nécessité d’être à un endroit, pour user de notre système de valeur intime, que nous tissons nuit après nuit. C’est une base nécessaire, le minimum vital à notre survie, mentale et physique.

Survivre aussi est une solution. »

 

Propos Philippe Vincent

 

Cette performance sera jouée du 6 au 9 novembre 2018, au Lavoir Public à Lyon.

Renseignements et réservation sur le site Le Lavoir Public

 

DISTRIBUTION

To Bed, home made

Une performance de Anne Ferret et Philippe Vincent

Avec le texte “Das Bett“ de Vilém Flusser, traduit de l’allemand par Jean Mouchard

Un chapitre du livre : “CHOSES ET NON-CHOSES“, Esquisses phénoménologiques, Éditions Jacqueline Chambon – 1996 / ISBN : 2-87711-144-X

Avec les voix de : Claire Truche, Rémi Rauzier, Gilles Chabrier, Muriel Coadou, Alwynne Pritchard, Thorolf Thuestad, Jörg et Toni Ritzenhoff.

Remerciements : Benjamin Lebreton, Mayalen Otondo, Yohan Tivoli, Les Subsistances, Ramdam – un centre d’Art.

Conception et interprétation : Anne Ferret, Philippe Vincent
Administratrice de production : Lila Boudiaf
Production & diffusion : Julie Duchènes // + 33 (0)6 76 05 30 40 // julieduchenes@scenestheatrecinema.com

Production : Scènes-théâtre-cinéma © 2018

La compagnie Scènes est en convention avec la Drac Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes,  et subventionnée par la Ville de Lyon.

 

Cette performance sera jouée du 6 au 9 novembre 2018, au Lavoir Public à Lyon.

Renseignements et réservation sur le site Le Lavoir Public

AVANT-PROPOS

« To Bed, home made »

« Je suis un lecteur de Vilém Flusser depuis plusieurs années, même si ce philosophe n’est pas très connu en France, plusieurs livres sont parus depuis 1973. Citons notamment : La force du quotidien, Hurtubise – 1973, Choses et non-choses, Jacqueline Chambon – 1996, Pour une philosophie de la photographie, Circé – 1996, Les Gestes, D’Arts, 1999, Petite Philosophie du design, Circé – 2002.

Je suis tombé, il y a quelques temps, par hasard sur ce texte “Le lit” édité dans Choses et non-choses. Il est vraiment très rare qu’un texte à la première lecture donne l’envie de le porter à la scène. J’ai dans la foulée fait lire le texte à l’actrice, Anne Ferret. Ce fût pour elle la même réaction immédiate.

Nous avions dans l’idée, Anne et moi, depuis de nombreuses années de faire un duo théâtral. Ce texte nous a donné l’impulsion pour lancer ce chantier. »

 

 

« To bed, to bed : there’s knocking at the gate.
Come, come, come, come, give me your hand.
What’s done cannot be undone.
To bed, to bed, to bed. »

Macbeth, acte V, scène I – William Shakespeare

 

Le lit, un espace politique.

« Das Bett : Le lit parle du repli sur soi. De l’endroit où nous nous retirons pour se préparer à affronter à nouveau le monde. C’est un lieu intime et nécessaire, comme le sommeil est nécessaire, pour que le cerveau emmagasine, trie, efface, tous ce que nous avons appris durant la journée. Le repos n’est pas inactivité, le repos est transfert, d’une partie de cerveau à d’autres parties du cerveau. Comme un ordinateur qui stocke dans sa mémoire vive et quand on fait le “save“, recopie sur le disque dur, ces informations. Ce sommeil nous permet de conditionner l’expérience journalière du monde en mémoire, en souvenir, donc en histoire.

De la fécondation à la mort, le lit est cet endroit où nous nous retrouvons, pour vivre la deuxième vie, pour comprendre et enrichir la première. C’est un endroit sans retenue, sans faux-semblants, où le paraître n’a plus court. On n’est pas absolument dupe de nous-mêmes.

Spatialement, le sens du mot lit s’élargit ou se rétrécit. Il peut s’élargir jusqu’à (ce que les allemands appellent Heimat) ma patrie, ma maison, mon chez-moi, l’endroit où l’on me comprend. Ils se rétrécit jusqu’à la plus petite partie de mon être, mon cerveau, mes neurones, ma conscience.

Si le lit est l’endroit où l’on se couche, où l’on s’endort, où l’on rêve, c’est aussi l’endroit d’où on se réveille, d’où on se lève, d’où on recommence.

Le lit se politise, il se socialise. On comprendra que par les temps qui courent, ce lit, cette chambre, cette maison, a un prix. Cet espace se loue, s’achète. Pour certains, il s’est tellement rétrécit qu’il est devenu la voiture, pour d’autres il a carrément disparu.

Le lit n’est pas un slogan macroniste, pour l’accession à la propriété des plus démunis, mais de montrer la nécessité d’être à un endroit, pour user de notre système de valeur intime, que nous tissons nuit après nuit. C’est une base nécessaire, le minimum vital à notre survie, mentale et physique. »

Propos Philippe Vincent

L’AUTEUR: VILEM FLUSSER

A PROPOS DE CHOSES ET NON-CHOSES

Regarder les choses les plus quotidiennes — bouteilles, murs, tapis — comme si on les voyait pour la première fois permet d’y découvrir des aspects jusqu’alors inaperçus et de les distinguer de l’univers absurde des non-choses (ordinateurs, images de synthèse, hologrammes). Voilà qui exige une discipline du regard, relevant autant de l’art pictural que de la méthode systématique du philosophe. Auteur d’une oeuvre considérable, né à Prague en 1920 dans une famille d’intellectuels juifs, exilé au Brésil, mort en 1991, V. Flusser est un penseur atypique. Décrivant notre Lebenswelt, l’auteur de Pour une philosophie de la photographie, montre ici comment la minutieuse observation des objets les plus banals (une bouteille de champagne, une soupe paysanne ou de simples bâtons) peut susciter, par une conversion du regard, la réflexion sur des thèmes philosophiques traditionnels : théorie et pratique, création et évolution, conditions de possibilité de la subjectivité, etc. Ce livre, qui réunit plusieurs essais ou “esquisses phénoménologiques”, propose des sources originales d’éveil philosophique : on y procède, comme chez Husserl ou Heidegger, à une mise entre parenthèses de nos habitudes, tout en rappelant que “pour atteindre la profondeur, il n’est pas nécessaire de voyager loin”, ni même “de quitter son environnement le plus proche et le plus habituel”. (Wittgenstein)

 

VILÉM FLUSSER


Vilém Flusser est né en 1920 à Prague d’une famille d’intellectuels Juifs. Son père, Gustav Flusser, étudie les mathématiques et la physique (sous l’enseignement d’Albert Einstein, parmi d’autres). Flusser va à l’école primaire allemande et tchèque et plus tard à l’école secondaire (Grammar school) allemande.

En 1938, Flusser commençe à étudier la philosophie à la faculté de droit de l’université Charles de Prague. En 1939, peu après l’occupation nazie, Flusser émigre à Londres afin de continuer ses études pour un trimestre à la London School of Economics. Vilém Flusser perd toute sa famille dans les camps de concentration nazis : son père décède à Buchenwald en 1940 ; ses grands-parents, sa mère et sa soeur sont déportées à Auschwitz et plus tard à Theresienstadt où ils sont exécutés. En 1940 il émigre au Brésil, vivant à la fois à São Paulo et Rio de Janeiro. Il commence à travailler pour une entreprise d’import-export tchèque puis à Stabivolt, un fabricant de radios et transistors.

Au début des années 1950 il enseigne la philosophie et travaille comme journaliste. En 1960 il commence à collaborer avec l’institut brésilien pour la philosophie (IBF) à São Paulo et publie dans la revue Revista Brasileira de Filosofia ; de cette manière il se rapproche sérieusement de la communauté intellectuelle brésilienne. Pendant cette décennie il publie et enseigne à plusieurs écoles à São Paulo, étant maître de conférence en philosophie des sciences à l’école polytechnique de l’université São Paulo et professeur de la philosophie de la communication à l’école de dramaturgie et à l’école supérieure de cinéma de São Paulo. Il est actif dans le domaine artistique, collaborant à la Biennale de São Paulo, parmi d’autres événements culturels.

Il publie son premier livre, Langage et Réalité, en 1963. En 1972, il décide de quitter le Brésil. En 1970, quand une réforme de l’université de São Paulo fait de tous les maîtres de conférences en philosophie des membres du département de philosophie, Flusser, qui enseigne à l’école polytechnique, est exclu ; mais il faut remarquer que la plupart des membres du département étaient critiques vis-à-vis du régime militaire et considéraient Flusser comme un penseur plutôt conservateur.

Il vécut ensuite en Allemagne et dans le sud de la France. Vers la fin de sa vie, il était assez occupé à écrire et donner des conférences sur la théorie des médias. Il meurt en 1991 dans un accident de voiture alors qu’il visite sa ville natale de Prague pour y donner une conférence.

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