OÙ ET QUAND NOUS SOMMES MORTS

Comédie politique, sombre et de droite

PRÉSENTATION
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COMMENTAIRE DE TEXTE SUR UNE MISE EN SCÈNE

Où et quand nous sommes morts est une suite thématique directe au précédent spectacle que nous avons créé au Caire, puis à NYC et enfin en France : Un Arabe dans mon miroir. C’est également la continuation d’une collaboration, entamée il y a 4 ans, avec l’auteur, acteur, metteur en scène Riad Gahmi.
La situation décrite, héritée de la colonisation, des guerres d’indépendances, des religions, des apparences physiques, est bien française. Dans ce texte la problématique posée est claire : Qu’est-ce qu’un Arabe ? Qui est l’Arabe ? Qui est Arabe pour nous, en France ? Je dis “nous“, pour ceux qui sentent qu’ils n’appartiennent pas à cette catégorie. Est-il possible de se décréter Arabe ?
La force du texte provient de la non-volonté d’explication ; de montrer le problème tel qu’il nous arrive quotidiennement par la presse, les discussions de bistrot, ou les réactions des gens. J’utilise volontairement le mot “problème“, car l’Arabe pose problème. Derrière les caricatures de : la racaille de banlieue, de l’islamiste intégriste, du terroriste sanguinaire, ou de l’Arabe socialement intégré, se cachent, au-delà de ces figures, des hommes, des humains, des familles, ayant une vie, un passé, une histoire, un présent, un boulot, un futur.
Dans son texte, Riad Gahmi ne prend pas de détours et nous place face à notre vision stéréotypée de l’Arabe de banlieue. Même si le texte semble prendre l’autoroute à contresens, il l’a prend également en marche arrière, rejoignant ainsi le flot commun de circulation, mais avec un point de vue opposé.
L’auteur opère par manque. Il ne nous dit rien sur ce jeune “issu de l’immigration“. Il place son dessein dans une forme plus habituellement utilisée, par les humoristes : Elie Semoun, Jamel Debouze…, ou par le cinéma : “Ma 6té va cracker“, “La haine“… Sur un ton, qui s’apparente plus à la comédie de boulevard, emprunt de bons sentiments gauchos, il nous décrit l’incapacité française générale à regarder, sa volonté de chercher perpétuellement un point de vue acceptable pour ne pas se confronter au problème. Évidemment cette focalisation forcée, au laser, provoque échauffements, brûlures, jusqu’à l’explosion.
Du coup la distribution du personnage central, m’a posé problème. Faut-il un Arabe pour jouer l’Arabe ? Le texte étant dur, voir humiliant pour Karim, faut-il demander à un comédien “issu de l’immigration“, de jouer encore et encore l’Arabe de service ? Ou bien, l’Arabe n’étant qu’une formulation générique pour désigner le pauvre, le parasite, le paria, le larbin, alors dans ce cas, il peut être interprété par celui qui se décrétera être Arabe.
Même si Riad Gahmi n’est pas Arabe ; ses origines “Francomto-lybienne“, et son nom à consonance Arabe, tout en tordant le sujet, forçant l’ambiguïté, aide à l’acceptation du texte, en plaçant l’histoire dans un no man’s land culturel, une sorte de vide juridique. Son nom agissant comme un rempart, un leurre et/ou un alibi.
Je n’ai pas directement influé sur l’écriture du texte de Riad, même si je savais, avant son écriture que nous allions mettre en scène la pièce. Simplement Riad, après de multiples réécritures de ce texte, dans des styles très différents, s’est un jour emparé d’un slogan que j’avais prononcé, concernant les angoisses, et aspirations des Français : SEXE, ARGENT, ARABES.
Pour ne pas figer la situation dans un pseudo réalisme, mais en respectant l’unité de lieu et de temps de l’écriture, la mise en scène, par petite séquence, glisse d’une atmosphère à une autre, se métamorphose d’un point à un autre. Passant de l’univers du thriller à celui du sitcom, de Bergman, du porno, de l’anticipation, ou encore fenêtre sur cour d’Alfred Hitchcock…
Tout en reprenant le concept de la performance dans laquelle Joseph Beuys s’enferme dans une pièce avec un coyote pendant plusieurs jours, essayant de survivre au plus près avec la bête, le décor fonctionne à la manière d’un peepshow où le spectateur, protégé derrière les baies vitrées de l’appartement, se retrouve voyeur de la situation avec une vue imprenable sur l’appartement de leur voisin d’en face. Seul le voisin du dessus reste invisible, caché derrière ces persiennes, il deviendra le deus ex-machina de ce fait divers pathétique, empreint de racisme, de bêtise et d’horreur. En somme une comédie politique, sombre et de droite.

Philippe Vincent

DISTRIBUTION

DE RIAD GAHMI

Mise en scène : Philippe Vincent

Distribution :
Mathieu Besnier
Anne Ferret
Jean-Claude Martin
Rémi Rauzier
Philippe Vincent

Lumières : Hubert Arnaud
Scénographie : Jean-Philippe Murgue
Costumes : Cathy Ray
Son : Louis Dulac
Image du film : Pierre Grange

avec l’aide de : Benjamin Lebreton, Bertrand Saugier, Matteo Puigserver

Durée : 1 heure 20

Maud Dréano, Chargée de diffusion

BIO de l’équipe de OÙ ET QUAND NOUS SOMMES MORTS

Production :

Scènes théâtre-cinéma©2012

Ce spectacle a été créé le 17 avril 2013, dans le cadre de la manifestation
organisée par la Compagnie Scènes : Scènes élit l’Élysée

REPRÉSENTATIONS

PROCHAINES REPRESENTATIONS:

Du 11 au 20 février 2016  au Théâtre du Point du Jour – Lyon,
dans le cadre de ÉTRANGES ÉTRANGERS

PRÉCÉDENTES REPRESENTATIONS :

du 17 avril au 3 mai 2013
au Théâtre de l’Elysée
14, rue Basse Combalot – 69007 Lyon

PHOTOS

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Bande annonce du spectacle OÙ ET QUAND NOUS SOMMES MORTS :


OÙ ET QUAND NOUS SOMMES MORTS / Bande annonce… par scenestheatrecinema