JE CHIE SUR L’ORDRE DU MONDE IV

JE CHIE SUR L’ORDRE DU MONDE IV

ENNEMI D’ÉTAT / MÜLLER PÈRE DES PUSSY RIOT

PRÉSENTATION

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GÉNÉTIQUEMENT CONFORME

Je chie sur l’ordre du monde (Ich scheiße auf die Ordnung der Welt) est le titre générique des performances réalisées par la compagnie Scènes autour de montage de textes de Heiner Müller, dont la première et deuxième version furent présentées à Saint-Étienne en 1990 et 1991, et la troisième version, en duo avec Louis Sclavis et Philippe Vincent, à Lyon, Paris et Vénissieux entre 1999 et 2002.

En 1995, Jean-Pierre Morel publiait, sous le titre « L’hydre et l’ascenseur », un essai sur Heiner Müller. Sans réellement mettre en parallèle les deux pièces, dont « Héraclès II ou l’hydre » et « l’homme dans l’ascenseur » sont issues, respectivement Ciment et la Mission, Morel reprenait en d’autres termes ce que Jourdheuil avait qualifié en 1983 de fragments synthétiques. Dans son texte « un deux trois quatre cinq six sept, j’ai des étraves dans mon assiette », Jourdheuil, abandonnant l’idée d’une périodisation de l’œuvre de Heiner Müller expliquait que l’œuvre était comme une mosaïque, dont chaque texte, chaque partie agissait comme un fragment qui contenait à lui seul la totalité de l’œuvre.

Ceci semble encore plus frappant quand on isole ces deux textes: « Héraclès II ou l’hydre » et « l’homme dans l’ascenseur ». En effet bien qu’ils aient été écrits à des périodes différentes, ils sont chacun, à l’intérieur de leurs pièces respectives, des sortes d’échappatoires, de condensés, de révélateurs chimiques qui donnent un point de vue différent sur le sujet principal, ou même donnent à entendre le sujet principal. De plus ils contiennent chacun, en quelques pages, la totalité des préoccupations müllériennes.

Bien que, Jean Jourdheuil et Bob Wilson ont, à la fin des années 70 début 80, tenté, et ils avaient raison, de sortir Müller du contexte historico-politique de l’Allemagne de l’Est de l’époque, à savoir: Guerre froide, communisme etc., il semble maintenant difficile de lire les textes de Müller, sans penser à des paraboles, pamphlets, slogans, directement issus de la situation de l’époque. L’œuvre de Müller semble appartenir au patrimoine génétique de l’époque. Ses textes contenant toute l’histoire de l’Allemagne, puis des deux Allemagnes, depuis l’avènement d’Hitler à la chute du mur de Berlin. Müller, lui-même fragment synthétique de cette histoire européenne et mondiale.

La lecture du texte de Maria Alekhin, membre du groupe punk des Pussy Riot, qu’elle fit lire par son avocate
lors de son procès en août 2012, m’a replongé dans les mêmes sensations. Dans ce texte, écrit en prison, Maria Alekhina tente une description sociale et politique de sa Russie actuelle. Ce texte, ou tout du moins son sujet et ses préoccupations, apparaît comme une résultante de cette histoire, de cette Russie, tel Prométhée, enchaînée sur le rocher de son histoire. Le sujet Pussy Riot aurait d’ailleurs, sûrement intéressé fortement Müller.

Sous le sous-titre: Ennemi d’État, la performance « Je chie sur l’ordre du monde IV » n’est pas faite pour expliquer une situation politique, religieuse, historique ou sociale complexe. Mais pour mettre en parallèle deux destins, deux histoires, l’une passée, l’autre présente, qui sont intimement liées, puisque enfantées l’une de l’autre dans ce maelström historique. Deux formes génétiquement conformes.

Il est amusant de constater que ces trois anti-héros, Héraclès, l’homme dans l’ascenseur et Maria Alekhin, auraient pu, lus sous une forme plus américaine, comme nous les servent de multiples films US, être des héros solitaires, devenus ennemis d’États, et se battant contre un pouvoir injuste qui brise les hommes, qui mange ses enfants pour subsister. « La libération de Prométhée », le dernier texte de la performance, pourrait faire penser à cette mythologie: Erin Brockovich sur le mont Caucase.

Philippe Vincent

DISTRIBUTION

Performance en 3 dimensions de Philippe Vincent

4ème version d’un montage de textes autour de Heiner Müller.
Mise en scène: Philippe Vincent

avec:
Mathieu Besnier
Anne Ferret
Jean-Claude Martin
Philippe Vincent

Lumière: Hubert Arnaud
Costumes: Cathy Ray
Images 3D: Pierre Grange

Chargée de diffusion: Maud Dréano

Durée: 1 heure

Programme des textes:

“JE N’AI PAS PEUR DE VOUS”,
de Maria Alekhina, membre des Pussy Riot, traduction : Helmut Brent

“HÉRACLÈS II OU L’HYDRE“,
de Heiner Müller extrait de Ciment, traduction : Jean-Pierre Morel

“L’HOMME DANS L’ASCENSEUR“,
de Heiner Müller extrait de La Mission, traduction : Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger

“LA LIBÉRATION DE PROMÉTHÉE“,
de Heiner Müller extrait de Ciment, traduction : Jean-Pierre Morel

BIO de l’équipe de JE CHIE SUR L’ORDRE DU MONDE IV

Production:

Scènes théâtre-cinéma©2012

Cette performance a été présentée pour la première fois au Lavoir Public (Lyon)
les 10 et 11 décembre 2012,
et reprise au Théâtre de l’Élysée les 25, 26 et 27 avril 2013.

REPRÉSENTATIONS

PROCHAINES REPRESENTATIONS:

Le 19 décembre 2013
MUSÉE DES MOULAGES de l’Université Lumière Lyon II

3, rue Rachais 69003 Lyon – FRANCE
+33 4 72 84 81 12 www.museedesmoulages.univ-lyon2.fr

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PRÉCÉDENTES REPRESENTATIONS:

Les 25, 26 ET 27 avril 2013
au Théâtre de l’Elysée
14, rue Basse Combalot – 69007 Lyon

Les 10 et 11 décembre 2012
au Lavoir Public – Le Club Théâtre
4, impasse Flesselles – 69001 Lyon

PHOTOS

DOCS

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Reportage à propos de JE CHIE SUR L’ORDRE DU MONDE IV
réalisé par des étudiants de l’université Lyon2: