Immortels (Création 2020)

Immortels (création 2020)

PRÉSENTATION

Immortels est un duo pour deux interprètes et deux auteurs.
C’est l’histoire d’une séquestration. La mise en scène s’est construite parallèlement à l’écriture du texte.
La première partie nous montre la femme entraver l’homme.
La deuxième partie, intitulée : blocages / serrages / desserrages / resserrages montre la réalité quotidienne de ce couple. Comment manger, satisfaire ses besoins, le laver, dominer l’autre, lui mentir, l’intimider, le convaincre, l’apitoyer, le contraindre, le tuer, le soigner, l’humilier, lui donner de l’espoir… Avec toujours en tête pour chacun : s’en sortir.
L’idée dramaturgique du dénouement qui a surgi était d’imaginer que pour obtenir sa libération l’otage était contraint de livrer un secret, un crime qu’il aurait commis par le passé. Cet aveu le lie quoi qu’il arrive à la femme. Si la femme dénonce le crime de l’autre, l’homme pourra à son tour dénoncer sa séquestration par la femme. Un lien indéfectible qui contraindra les deux protagonistes à faire ensemble, à être liés l’un à l’autre et du coup, imaginer un futur commun. L’union se fera par un pacte de
non-agression, une « entente cordiale ».
Ce dénouement rejoint notre idée première d’un couple né dans le crime, des futurs Gbagbo, Ceausescu ou autre Macbeth.
L’arrivée d’un policier (l’autorité) à la fin agit sur la situation comme une normalisation de cette histoire aux vues de la société. Enquêtant sur des personnes recherchées pour disparition inquiétante, l’officier, une sorte de deus ex-machina, se trouve face à une situation qu’il interprète comme normale : celle d’un homme et d’une femme reclus dans une maison isolée. Il en conclut a une histoire d’amour passionnel. Les deux protagonistes ne peuvent alors qu’acquiescer au résonnement du policier, qui déroule comme par magie, une réalité, une histoire acceptable pour la société. L’homme et la femme se trouvent comme réhabilités.

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DISTRIBUTION

Immortels

Une commande d’écriture aux auteurs Sophie Lannefranque (France) et Adama Traoré (Mali)

Pour les acteurs Anne Ferret (France), Charles Wattara (Burkina Faso) et Philippe Vincent.

Mise en scène : Philippe Vinvent (France)

Musique : Bob Lipman (USA, France)

Costumes : Cathy Ray (France)

Régie : Mahamadi Gouem (Burkina Faso)

Stagiaire régie : Youssouf Aboubacar Adam (Tchad)

Captation vidéo : Pierre Grange (France)

Production : Scènes-théâtre-cinéma (France) avec Eloquentia (Burkina Faso) et Acte Sept (Mali)


Administratrice de production : Lila Boudiaf
Production & diffusion : Lise Eneau-Brun // + 33 (0)6 41 30 49 32 // contact@scenestheatrecinema.com

Production : Scènes-théâtre-cinéma © 2020

La compagnie Scènes est en convention avec la Drac Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes,  et subventionnée par la Ville de Lyon. Pour cette création, elle a reçu le soutien de la Ville de Lyon et de l’Institut Français.

AVANT-PROPOS

NOTE D’INTENTION par Philippe Vincent
En octobre 2018, nous avons organisé à Ouagadougou une rencontre d’une semaine avec l’acteur burkinabé Charles Wattara, l’actrice française Anne Ferret et moi-même.
Comme convenu, dans ses bagages, Charles amena l’auteur malien Adama Traoré et nous, l’autrice française Sophie Lannefranque.
Comme table de travail, nous avions Macbeth, Carmelo Bene et Shakespeare. Pour repères nous avons évoqué les Ceausescu, les Bagebo, Trump et autres joyeux drilles de nos histoires contemporaines. Comme boussole, pour comprendre nord et sud, pour situer riche et pauvre, nous avons utilisé l’Afrique et l’Europe. Comme couleurs, inscrits sur nos visages le noir et le blanc.
L’hypothèse d’une écriture à deux mains où l’autrice française Sophie Lannefranque écrirait les répliques de la comédienne et l’auteur malien celles de Charles. Étant dit que le sujet ne serait ni racial (blanc/noir), ni lié au genre (homme/femme), mais que cette réalité transpirerait quoique l’on fasse dans les écritures et la confrontation de ces écritures.
À l’issue de la 2ème cession au TNP, en juillet 2019, s’est dessiné un scénario, une trame commune :
I – Attachement
Comment une femme en arrive à ligoter et bâillonner un homme, au début par jeu, par vengeance, pour donner une leçon. Comment se rend-elle compte au bout d’un moment qu’elle ne peut plus faire demi-tour. Elle passe du statut de femme, mère de famille, à celui de preneuse d’otage.
Avec l’idée de franchissement, nous avons évoqué le film Le Drapeau Noir au Nord du Pays d’Adama Traoré et Nouhoum Kane, tourné à Tombouctou en 2012, sur la séquestration d’une population par des Djihadistes.
Comment un jeune Malien, devient-il un ravisseur, et à quel moment la ligne est-elle dépassée et la zone de non-retour atteinte.
Extrait d’une lettre aux auteurs suite à la rencontre de Ouagadougou.
II – Blocages, serrages, desserrages, resserrages
Un mouvement statique, bloqué, une succession de petites vignettes, situations qui montre cette séquestration et les solutions qui pourraient exister pour s’en sortir.
La femme ne peut plus libérer l’homme car celui-ci pourrait la dénoncer aux autorités. Elle pourrait finir en prison. Mais ces gens-là, les deux, veulent vivre. Ils ne sont ni kidnappeurs ni otages. L’histoire les a placés, suite à des erreurs de leurs parts, dans cette situation qui les dépasse. Il leur faut trouver, imaginer une solution acceptable pour que la vie reprenne son cours.
III – Dénouement
Pendant le travail, nous avons beaucoup parlé du Rwanda. Et comment les bourreaux et victimes d’hier étaient amenés à vivre ensemble (Hutu et Tutsi). Comment l’homme et la femme, le ravisseur et l’otage entameront par la force des choses un destin commun.

REPRÉSENTATIONS

Du 7 au 13 décembre 2020 (deux représentation) au Festival des Réalités à Sikasso (Mali)

Du 11 au 15 janvier 2021 au Chok Théâtre à Saint-Étienne (France – 42)

Du 19 au 23 janvier 2021 au Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon (France – 69)